Après quatre ans de vie municipale, comment jugez-vous votre place dans le conseil ?
Être opposant n’est pas chose facile, mais bien frustrante. Certes, il s’agit d’une expérience très enrichissante, voir comment fonctionne une commune. En revanche, nos moyens d’action sont restreints. On le savait : malgré beaucoup de bonnes intentions affichées en début de mandat (transparence, commissions transversales…), tout est cadenassé et tenu par un seul homme, le maire.
Vous avez quand même obtenu une victoire, la mise en place du quotient familial sur certains tarifs municipaux.
C’est vrai. Pourtant, qu’est-ce qu’on n’a pas entendu comme réflexion lorsque nous l’avons proposé ! On nous a ri au nez ! Depuis plusieurs mois, il est mis en place sur les tarifs de la restauration scolaire et s’étend petit à petit aux autres structures, pour un impact financier minime. Nous aimerions aller plus vite. Encore une fois, on ne fait qu’accompagner, Pornic n’est jamais précurseur. Alors que les capacités sont là.
Vous vouliez un pôle social, la municipalité l’a créé dans l’ancienne gendarmerie.
Attendez, ce que nous voulons, c’est une politique publique sociale. Aider les associations, c’est très bien, mais elles ne peuvent pas prendre sur leur dos toutes les difficultés sociales de la commune. Les subventions ne suffisent pas.
Votre combat contre la ria vaut-il encore le coup ? Après tout, la construction est entamée…
Notre appréciation du projet reste très négative. On voit aujourd’hui le maire avancer à marche forcée. Nous demandons la suspension, au moins le temps que le tribunal administratif tranche sur le recours déposé par l’ADRP (association de défense de la ria et du vieux port, ndlr). Si nous arrivons aux affaires en 2014, nous vivrons avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Pourquoi s’opposer au partenariat public-privé qui va encadrer le transfert du casino dans la ria ?
Outre le risque de ce PPP, ce que nous voulons, ce sont de vraies études de marché, notamment sur cette question de transfert du casino. D’où tient-on cette certitude qu’il faille un tel investissement ?
Philippe Boënnec explique qu’il est nécessaire pour développer le tourisme à l’année et créer ainsi des emplois.
Encore une fois, qu’est-ce qui nous le prouve ? Quelle étude le démontre ? Et puis, on développe toujours le même tourisme. Où en est le tourisme vert, familial ? Et où va-t-on loger les salariés ? Pornic n’a toujours pas de foyer de jeunes travailleurs !
L’une de vos autres batailles reste le logement social.
Et il y a du travail ! Nous voulons 25% de logements sociaux dans tous les nouveaux programmes immobiliers. Le Plu indique 17%… ce qui ne se concrétise pas dans les faits : aucun n’est prévu aux Trois Croix, et à la Corbinière, au Clion, on en compte seulement 28 sur les 350 futurs logements.
Que pensez-vous des travaux sur les quais du Vieux Port ?
Nous demandons un plan global de circulation sur la commune. C’est le problème de Pornic : tout est segmenté et il n’existe pas de vision globale. Si elle existe, seul le maire la connaît. Si les travaux des quais apporteront un vrai plus esthétique, nous nous interrogeons sur les incidences sur la circulation. Nous estimons que le môle est le cœur de Pornic et que nous devons nous le réapproprier.
Durant ces quatre dernières années, votre vie de groupe d’opposition n’a pas non plus été simple, puisque deux membres (*) sont partis.
C’est vrai. Ces deux personnes n’ont pas suivi des décisions prises pourtant collectivement et ne font plus partie du groupe. La vérité, c’est que le groupe fonctionne bien mieux sans eux. Nous n’avions pas les mêmes objectifs. Nous travaillons avec l’association Ensemble et Autrement qui regroupe une centaine de personnes, dont une soixantaine d’adhérents. Nous avons réussi à créer une opposition crédible, qui travaille sur le fond. Ce qui compte aujourd’hui, c’est notre cohérence.
Propos recueillis par Coralie Durand
(*) Nathalie Rolland et Bernard Monchet.